barbara olszewska

Art as experience

La situation prend place dans le cadre d’une enquête menée au jour le jour par l’entourage d’une jeune fille handicapée de 9 ans, Mary-Océane, une enquête qui porte sur ses « vouloirs présumés ». Le handicap de Marie Océane n’est pas qualifié du point de vue médical. Le caractère peu identifiable de la catégorie de handicap d’un point de vue médical, amène ses parents à une investigation constante portant tant sur les inventions les plus récentes de la médecine que sur l’observation attentive de l’évolution de son comportement.

Du point de vue de la conduite ordinaire, on constate rapidement que Marie Océane ne marche pas, qu’elle ne parle pas, qu’elle a des tremblements plus ou moins continus du corps, des secousses de la tête, des mains et des jambes. Sa conduite est désorientée. Mais elle semble avoir un répertoire limité de gestes et une certaine capacité, bien que réduite, de formuler des réponses. Les mouvements de tête font qu’il est parfois difficile de capter son regard, désorienté, que ses gestes peuvent paraître maladroits et qu’ils manquent parfois leur cible. Certaines réactions produites par Marie Océane (sauts, cris, bruits) paraissent faites au hasard. D’autres, au contraire, semblent exprimer un vouloir, mais leur détermination ne peut être que très approximative. Les défaillances de comportement et de communication manifestes chez Marie Océane amènent son entourage à mener une investigation constante sur ses vouloirs, ses sentiments ou ses désirs. L’enquête sur ce que possède ou veut Marie Océane est un problème pratique continu ; on cherche à comprendre ses réactions les plus rudimentaires, en scrutant ses regards et gestes. Il s’agit de savoir ce qu’elle veut manger, si elle a soif, si elle veut aller aux toilettes, aller dormir ou partir. On cherche à savoir ce qu’elle voit, ce qu’elle sent, si elle aime ou pas ce qu’elle est en train de faire, etc. Dans le cadre de l’enquête sur les motifs de Marie Océane, lui apprendre à communiquer et à susciter sa parole est donc un enjeu majeur.

On comprend aussi comment dans ce genre de situation, où la parole fait défaut, la place de l’expression gestuelle s’avère particulièrement importante. En effet l’usage intelligible d’un geste permet d’établir la communication, affiche que Marie Océane comprends et offre aux autres la possibilité de lui attribuer une intentionnalité. De manière générale, le geste intelligible est le synonyme de la normalité et du caractère rationnel de la conduite. Le cas de Marie Océane a permis d’examiner les différents « mythes de l’intériorité » à la base des pratiques ordinaires que l’on peut appeler la folk psychologie.

Séquence 1: Sentiments

La mère explique à l’ethnographe la solution iconique qu’elle a trouvé pour aider à sa fille exprimer ses sentiments. Le classeur avec des adjectifs et des images issues de sa vie quotidienne vise à apprendre à Mary-Océane certains états psychologiques ou physiologiques (être triste, être contente, avoir mal, etc.)

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Séquence 2: Fruits

Il s’agit ici de présenter la partie de l’album contenant des objets nutritifs. La mère explique la pratique d’usage de ces éléments. Leur disposition sur la page doit permettre à Marie-Océane de choisir celui qu’elle préfère.

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Séquence 3: Kiwi

La mère illustre la manière dont Marie Océane effectue le choix d’un élément iconique dans l’album.

La situation, une sorte de jeu à destination de l’ethnographe, permet d’illustrer les capacités de Mary-Océane à effectuer un choix et rend compte des techniques de communication qu’elle maîtrise (croisement des bras, pointage d’une image par les yeux, mouvements de refus de tête). La méthode pédagogique de l’album s’appuie sur des techniques d’apprentissage du langage des sourds. Elle-même basée sur une conception internaliste des rapports entre le corps et l’esprit (des intentions et des vouloirs).

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Séquence 4: Gratter

Outre sa focalisation sur le geste de grattement effectué par Mary-Océane sur une zone spécifique de la page (kiwis), la séquence attire l’attention sur des difficultés de corrélation entre les gestes de Marie Océane et la pratique d’attribution des vouloirs par les parents. La mère ne remarque pas de geste de grattement et continue son enquête.

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Séquence 5: Ordinateur

On a ici la situation d’apprentissage à l’institut First. Le père et l’animatrice apprennent à Mary-Océane à choisir en se servant d’un dispositif informatique particulier. A la place de la souris, Mary-Océane dispose d’une mallette, devant lui faciliter l’action de clique sur les images qui apparaissent à l’écran.
La méthode pédagogique est semblable à celle qui est mobilisée dans l’album. Les noms des objets sont lu par un synthétiser vocal. La séquence permet de rendre compte des difficultés d’apprentissage médiatisé.

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Séquence 6: Souris Verte

La séquence rend compte d’une situation de champs collectif La mère, le père et la petite soeur de mary-Océane sont réunis autour d’elle et lui chantent la comptine « souris verte ». Mary-océane manifeste des comportements plus animés, croise les bras, énonce des bruits prononcé qui ponctuent les différentes mesures de la chanson.

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